Durant 15 jours, André Fourquet tient la France en haleine. Durant 15 jours, toute la presse titre sur lui, tous les journaux radio et télé de 13h et 20 parlent de lui. De lui et de ses enfants : parce que durant 15 jours, André Fourquet séquestre deux de ses enfants, Aline et François. De sa ferme isolée au milieu des bois, à Cestas, le forcené tient à distance un important déploiement de forces. Il a prévenu : si quelqu’un approche, il tire. Et puis il tue ses enfants. Et puis lui.
Sauf…sauf si sa femme revient. Dans ce cas, il la tuera elle. Mais elle ne revient pas, et Fourquet, comme annoncé, tue un gendarme, ses enfants, avant de se suicider. Et une grande partie de l’opinion, contre toute logique, tient l’ex-épouse pour responsable.
Avec Gwénola Sueur, qui a consacré son Master 2 à cette affaire. Elle prépare actuellement une thèse sur les violences conjugales en milieu rural : Parcours de mères victimes de violences conjugales dans les territoires ruraux (Université de Bretagne Occidentale).
Dans la discussion, ça parle d'associations de pères divorcés, genre la Didhem (défense des intérêts des divorcés hommes et de leurs enfants mineurs), qui glorifient les actions violentes des hommes sur les femmes et les enfants, les maris et pères qui assassinent étant des martyr du divorce... C'est proprement glaçant...
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : ven. oct. 23, 2026 11:01 am
par Rosco
Et dans les alpes il y a quelques mois, le "bon pêre" de famille infidèle qui se filme en train de tuer sa belle mère et ses enfants et qui envoit la vidéo à sa famille en disant que c'est la faute de sa femme. Ceci avant de se suicider
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : ven. oct. 23, 2026 11:12 am
par rogre
Je poste ceci un peu pour m'excuser, car à la page d'avant se trouve collé (je l'avais déjà fait antérieurement! et ce n'est pas le doc. que j'avais en tête, erreur de manip) un affreux tableau de chiffres et petites croix macabres, qui témoigne qu'il y a quelque temps je m'étais intéressé aux féminicides, pas avec le regard du militant (je suis trop égoîste) ni du moraliste, mais avec une sorte de fascination (fataliste?) et quand même un désir sociologique de comprendre.
Parce qu'il y a encore 5 ans, on ne nous disait à peu près rien d'autre que des chiffres bruts ("ça a monté, ça a baissé"…, sans que ça soit flagrant) et presque rien sur les détails concrêts. (Les sites d'assoces n'existaient pas vraiment alors, désormais elles font très bien le boulot, justement les détails qui étaient occultés).
Et moi je me demandais: "Mais que se passe-t-il alors, à hauteur d'humain, qui sont-elles-ils, victimes et assassins? Riches, pauvres? Eduqué(e)s, a-culturé(e)s? Jeunes, âgé(e)s? Sains, malades ou fous? Répartition uniforme par milieux sociaux, sur le territoire (voire par pays), dans le temps?…Etc…
Des questions donc de sociologie basique, sur ces échantillons de petits nombres (de fait c'est peu de gens). Et puis, j'avais, j'avoue, un intérêt sensationnaliste (on ne se refait pas): je voulais aussi savoir les "motifs" (le terme est odieux, mais rien ne sort de rien), et aussi le "comment", pour y trouver d'éventuelles logiques ou récurrences - le pire étant que je crois en avoir trouvé. Le savoir est amer, mais c'est mieux que de ne pas savoir
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : ven. oct. 23, 2026 11:34 am
par Sans Visage
Perso j'ai trouvé ton poste passionnant et informatif. Effectivement c'est juste de redescendre une à deux marches de l'escalier pour avoir une vue très détaillée.
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : ven. oct. 23, 2026 12:01 pm
par rogre
Le pire c'est que, du coup, pour les mêmes raisons informatives et morbides à la fois, je pense que je vais (n'ayant rien à faire cet aprem') analyser les féminicides recensés de 2025-26 (10 mois, c'est représentatif) - juste pour voir s'il y a des différences statistiques avec 2021 (spoiler: il n'y en aura sans doute pas, ou alors ce sera une surprise)
Re: Moi, moi, moi, les vieux survivent à la canicule (pour l'instant)
Erwan G a écrit : ↑mar. oct. 20, 2026 8:40 am
quand on regarde les chiffres des meurtres dans les couples, on est sur du 120/38 en faveur des femmes. C'est parce que les hommes sont plus complexés par le fait de déclarer que ce sont leurs femmes qui les ont tués.
J'ai ri, sur le sujet c'est pas évident, merci.
Pas impossible que l’ampleur de cet écart s’explique en partie par l’habileté supérieure des femmes criminelles. Je me souviens de quelques affaires civiles où il y avait des morts ou des disparitions de maris délicieusement suspectes, sans enquête ou avec des investigations minimales
Erwan G a écrit : ↑lun. oct. 19, 2026 5:33 pm
J'ai beaucoup aimé le passage où elles ont dit "rappelez à vos clients qu'en matière de féminicide, l'aide juridictionnelle est de droit. Parce que nous voyons des familles obligées de vendre leur maison pour payer des frais d'avocat de 120 à 150.000 €".
Je pense que ceux qui facturent ce prix là ne feront jamais les dossiers à l'AJ. Mais comme les gens veulent des grands noms et que c'est ce que prennent ces grands noms (parfois, à raison au vu de leur excellence, le plus souvent parce qu'ils le peuvent simplement donc autant profiter de la manne tant qu'elle existe).
J’ai quelques noms de « spécialistes » médiatiques à éviter à tout prix en tête.
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : sam. oct. 24, 2026 11:39 am
par Elijah Shingern
rogre a écrit : ↑ven. oct. 23, 2026 12:01 pm
Le pire c'est que, du coup, pour les mêmes raisons informatives et morbides à la fois, je pense que je vais (n'ayant rien à faire cet aprem') analyser les féminicides recensés de 2025-26 (10 mois, c'est représentatif) - juste pour voir s'il y a des différences statistiques avec 2021 (spoiler: il n'y en aura sans doute pas, ou alors ce sera une surprise)
L’étude des statistiques sur les feminicides montre qu’il ne s’agit pas d’une catégorie homogène.
Le scénario qui vient naturellement en tête (violences allant crescendo avec une issue atroce) n’est pas majoritaire, et co-existe avec des possibilités bien différentes (comme le crapuleux et la perte d’autonomie des couples âgés - je dois avouer que je n’avais pas vu venir le « écrasé par la maîtresse du mari » et le « jeu sexuel ».)
Il serait sans doute plus aisé - pour faire une étude sociologique cohérente - de prendre une catégorie plus homogène et beaucoup plus significative (comme tu le relève, l’échantillon est très faible), à savoir les violences conjugales.
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : sam. oct. 24, 2026 12:57 pm
par Tybalt (le retour)
Ou de lire un article/bouquin sur le sujet, histoire que ce soit fait par quelqu'un dont c'est le métier ?
Pas pour décourager les recherches personnelles, hein, ce serait juste plus solide.
Re: Violences sexistes et sexuelles
Publié : sam. oct. 24, 2026 5:23 pm
par rogre
Tybalt (le retour) a écrit : ↑sam. oct. 24, 2026 12:57 pm
Ou de lire un article/bouquin sur le sujet, histoire que ce soit fait par quelqu'un dont c'est le métier ?
Pas pour décourager les recherches personnelles, hein, ce serait juste plus solide.
Tu as raison, mais ( :mrgreen: ça commence toujours comme ça!), je veux signaler qu'en 2019-2020, ce qui est déjà vieux, je n'avais pas accès ou idée de consulter livres ou articles sur la question… aussi parce qu'il n'y en avait pas tant que ça! La "question" est "devenue urgente", cause nationale même, un peu après, il me semble…
Si je cherche sur GoogleIA une biblio 2015-2025 (ci-dessous)… eh bien, il n'y a pas grand chose, je trouve, et c'est du récent - ou alors selon un angle anthropologique large (genre "violence masculine à travers les âges et les cultures", qui ne m'intéressait pas).
En revanche, j'avais été impressionné par le travail de documentation concrête réalisé sur le net, par exemple par l'association "Nous toutes", puis par le site "Féminicides par compagnons ou ex" (sic, mais ça veut bien dire ce que ça veut dire), qui avaient la grand mérite de centrer le focus sur les "féminicides intimes", et surtout de donner des détails, rebutants mais réels, que je me suis mis à collecter, sans prétention autre que de parler de choses un peu délimitées (France, immédiate actualité).
Par ailleurs, il est vrai que ce que je cherchais, c'était identifier des discontinuités et/ou des constantes - sans doute parce que j'étais un peu irrité, oui, que le phénomène soit souvent évoqué, par la presse ou des amis, comme un "bloc" qui aurait une seule "explication", et que je voulais comparer des épisodes vécus, des "récits" factuels et fatalement partiels, de manière sérielle. Mais il va sans dire que ce n'est pas du tout mon métier.
Note : Une étude socio-historique majeure analysant la genèse politique du concept et décortiquant la mécanique structurelle de ces crimes à travers l'étude d'archives judiciaires. [1, 2]
Note : Cet essai examine comment les arts (cinéma, littérature, peinture) ont historiquement mis en scène, érotisé et banalisé la mise à mort des femmes. [1]
Note : Un ouvrage collectif monumental (plus de 900 pages) qui retrace les violences de genre à l'échelle globale de la Préhistoire à nos jours, structuré autour de l'impact du patriarcat et du masculinisme. [1, 2]
Note : Un guide pratique et clinique axé sur les dispositifs de prévention, la prise en charge psychologique des traumas et les interventions de terrain.
Note : Prix Médicis. Une enquête littéraire et historique sur le meurtre d'une jeune fille, analysé comme le produit d'une vulnérabilité sociale et d'une violence masculine systémique.
Articles et publications scientifiques (2015-2025)
GIACINTI Margot, « "Débarrasser la société de femme de ce genre-là" : appréhender les archives judiciaires au prisme du genre pour enquêter sur les féminicides », GLAD ! Revue sur le langage, le genre, les sexualités, n° 11, décembre 2021. [1]
GIACINTI Margot, « Le Tribunal International des Crimes contre les femmes (mars 1976) : un moment clé dans la conceptualisation du féminicide ? », Cahiers du Genre, vol. 73, n° 2, décembre 2022, p. 85-107. [1]
CERCLE DE RÉFLEXION FÉMINISTE, « Parler de féminicide pour mieux lutter contre les violences », Note de la Fondation Jean-Jaurès, 2019. [1]
HOUEL Annik, « Le féminicide : du crime passionnel au crime d'État », Nouvelles Questions Féministes, vol. 39, n° 1, 2020, p. 50-65
ROMAN Diane, « Les violences de genre et le droit : la consécration progressive de la catégorie du fémicide / féminicide », La Revue des droits de l'homme (mise à jour des travaux sur la sémantique juridique), 2019.